Une des deux langues de Bretagne

 

La langue gallèse ou gallo (endonyme galo), est la langue romane de Haute Bretagne. Elle est parlée en Ille-et-Vilaine, dans la moitié orientale du Morbihan et des Côtes-d’Armor, ainsi qu’en Loire Atlantique. Actuellement, le gallo rencontre le breton, langue de Basse Bretagne, autour d’une zone de contact linguistique qui court de Plouha à la presqu’île de Rhuys. Depuis le Moyen Âge, les deux langues ont coexisté sur le territoire de la Bretagne historique, selon des aires qui ont fluctué au fil du temps. C’est la raison pour laquelle des îlots (ou isolats) de langue bretonne demeurent vivants en Haute Bretagne. Paul Féval soulignait déjà en 1876, dans son roman Château pauvre, le trésor que représente ces « deux bijoux sans prix » pour un territoire.

 

« les deux langues de ce pays-ci, Le breton et le gallo, sont deux bijoux sans prix » Paul Féval

 

Au même titre que le normand, l’angevin ou le poitevin, le gallo est une langue d’oïl issue d’un latin populaire qui se développe sur le substrat autochtone gaulois (celte). Si archéologues et philologues estiment que le gaulois a été parlé jusqu’au VIe siècle de notre ère, l’existence du gallo, qui prend progressivement le relai du gaulois, est, elle, attestée depuis les XIIe-XIIIe siècles. De nombreuses traces écrites le confirment, notamment le Livre des manières d’Etienne de Fougères (1178), alors évêque de Rennes, qui fait usage de mots et de structures grammaticales gallèses. De culture plus orale qu’écrite, pour différentes raisons d’ordre historique mais aussi sociologique, la langue gallèse s’est dotée d’une graphie unifiante l’ABCD (créée par Régis Auffray, André Bienvenu, André Le Coq, Patrick Deriano).

 

Le gallo aujourd’hui

 

Le nombre de locuteurs de langue gallèse est aujourd’hui estimé à 200 000 personnes, un nombre équivalent aux locuteurs de langue bretonne. Des statistiques qui font de ces « deux bijoux » de Bretagne des langues « sérieusement en danger d’extinction », selon le classement de l’UNESCO.

Aujourd’hui, la survie de la langue gallèse et son développement résident, avant tout, dans les actes de consignation (écrite et sonore) et de transmission (enseignement, art et spectacle), et dans la création de néologismes en mesure de répondre aux usages de la modernité. C’est cet ancrage dans l’ici et maintenant que veut accompagner l’Institut du Galo (né en 2017 de la volonté des acteurs associatifs et du Conseil Régional de Bretagne) pour réaliser la réintégration du gallo dans l’espace public et permettre aux habitants de la Bretagne historique, jeunes et moins jeunes, de se réapproprier l’une des deux langues maternelles du territoire breton dans le lien qui les unit.